Vers 3400 avant notre ere, dans les plaines alluviales de la Mesopotamie, l’humanite franchit une etape decisive : l’invention de l’ecriture. Les Sumeriens, etablis entre le Tigre et l’Euphrate, developperent un systeme de signes qui allait revolutionner la transmission du savoir.
Des comptes aux recits
L’ecriture cuneiforme ne naquit pas d’une volonte litteraire mais d’un besoin pratique : la comptabilite. Les premieres tablettes d’argile retrouvees dans la cite d’Uruk enregistrent des quantites de grain, de betail et d’huile. Ces pictogrammes primitifs servaient aux administrateurs des temples a gerer les richesses accumulees.
Progressivement, ces signes evoluerent. Les scribes, utilisant un calame taille en biseau, imprimaient dans l’argile fraiche des combinaisons de traits en forme de coins, d’ou le nom « cuneiforme » (du latin cuneus, « coin »).
La formation des scribes
Maitriser le cuneiforme demandait des annees d’apprentissage. Les ecoles de scribes, les edubba, formaient une elite lettree au service des temples et des palais. Les eleves passaient leur journee a recopier des listes de signes, des textes administratifs, puis des oeuvres litteraires.
Le metier de scribe est le pere de tous les metiers. C’est lui qui permet de conserver la memoire des rois et des dieux.
Une litterature fondatrice
Le cuneiforme permit l’emergence de la premiere litterature connue. L’Epopee de Gilgamesh, recit des aventures du roi d’Uruk a la recherche de l’immortalite, constitue la plus ancienne oeuvre litteraire de l’humanite. Ce texte fondateur a influence les mythologies ulterieures, notamment l’episode biblique du Deluge.
Les scribes mesopotamiens nous ont egalement legue des codes de lois (le celebre Code de Hammurabi), des traites de medecine, d’astronomie et de mathematiques.