Le documentaire ethnographique offre une fenetre privilegiee sur les cultures du monde. A condition d’etre realise avec respect et rigueur, il permet de donner la parole a des communautes souvent invisibilisees et de partager des modes de vie menaces.
Les classiques fondateurs
Nanouk l’Esquimau (Robert Flaherty, 1922) est considere comme le premier documentaire de l’histoire du cinema. Ce portrait d’une famille inuit du Grand Nord canadien demeure un temoignage poignant sur un mode de vie aujourd’hui disparu.
Les Maitres fous (Jean Rouch, 1955) capture une ceremonie de possession au Ghana ou des migrants nigeriens incarnent des figures coloniales. Ce film derangeant interroge les rapports de domination.
L’approche immersive
Dead Birds (Robert Gardner, 1964) plonge dans la vie des Dani de Nouvelle-Guinee, peuple alors engage dans des guerres rituelles permanentes. La beaute formelle des images sert un propos sur la condition humaine universelle.
Un bon documentaire ethnographique ne montre pas l’Autre comme un specimen exotique mais comme un miroir de notre propre humanite.
Les chefs-d’oeuvre contemporains
Baraka (Ron Fricke, 1992) est un poeme visuel sans paroles filme dans 24 pays. Des ceremonies balinaises aux prieres tibetaines, le film celebre la diversite et l’unite de l’experience humaine.
Human (Yann Arthus-Bertrand, 2015) compile des temoignages filmes dans 60 pays. Paysans, refugies, condamnes a mort se confient face camera, creant une mosaique bouleversante de l’humanite.